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Retraite progressive en 2026 : un dispositif renforcé et stratégique

Article de fond -

Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans, sous réserve de remplir les conditions de durée d’assurance et d’exercice d’une activité à temps réduit. En 2026, elle s’impose comme un véritable outil de gestion des fins de carrière, tant dans le secteur privé que dans la fonction publique.

Rappel du cadre applicable

Pour bénéficier de la retraite progressive, le salarié doit :

  • Avoir au moins 60 ans
  • Justifier de 150 trimestres validés (tous régimes de base confondus)
  • Exercer une activité comprise entre 40 % et 80 % d’un temps complet

Le dispositif concerne :

  • Les salariés du régime général
  • Les salariés agricoles
  • Les professions libérales et avocats
  • Les régimes spéciaux
  • Les fonctionnaires et agents contractuels

Le salarié perçoit :

  • Un salaire correspondant à son temps partiel
  • Une fraction de sa pension correspondant à la part non travaillée

Il continue à acquérir des droits jusqu’à son départ définitif en retraite.

Un levier stratégique pour les RH

La retraite progressive permet :

  • D’anticiper les départs définitifs
  • D’organiser la transmission des compétences
  • D’éviter les ruptures brutales d’expertise
  • D’aménager progressivement la masse salariale
  • D’intégrer le dispositif dans une politique seniors ou une démarche GEPP

Bien structurée, elle devient un outil de pilotage des fins de carrière.

Points de vigilance juridiques

Accord de l’employeur

  • Le passage à temps partiel nécessite l’accord de l’employeur dans le secteur privé.
  • Un refus est possible, mais doit être motivé par des éléments objectifs liés à l’organisation du travail.
  • Une réponse écrite, précise et argumentée est recommandée pour limiter le risque contentieux.

Sécurisation contractuelle

Vigilance accrue pour les postes à responsabilité ou soumis au forfait jours.

Signature d’un avenant précisant la durée du travail, sa répartition et la date d’effet.

Vérification de la compatibilité avec les accords collectifs (temps partiel, forfait jours, accords seniors).

Focus 2026 : coefficients Agirc‑Arrco

La circulaire du 16 janvier 2026 actualise les coefficients d’abattement applicables lorsque le salarié ne réunit pas les conditions du taux plein.

Ces coefficients dépendent :

  • De l’âge à la date d’effet
  • Du nombre de trimestres validés

L’abattement concerne uniquement la pension complémentaire versée pendant la période de retraite progressive, mais peut réduire sensiblement le niveau de revenu.

➡ Il est recommandé d’orienter le salarié vers une simulation retraite avant validation du dispositif.

Organisation et gestion des équipes

Sans anticipation, la retraite progressive peut entraîner :

  • Une désorganisation des équipes
  • Une surcharge de travail
  • Une perte de compétences non transférées

À l’inverse, une démarche structurée permet :

  • Une planification fluide des départs devient un enjeu majeur, le CVE offre un cadre souple, sécurisé et financièrement avantageux.
  • La mise en place d’un tutorat ou d’un binômage
  • Une transmission progressive des savoirs

À retenir

En 2026, la retraite progressive est un outil RH à part entière. Son attractivité renforcée — accès dès 60 ans et extension à la fonction publique — en fait un levier stratégique de gestion des seniors.

Sa réussite repose sur :

  • Une analyse juridique rigoureuse
  • Une anticipation budgétaire
  • Une coordination étroite entre RH, paie, managers et services juridiques

Sources :

https://www.legisocial.fr/actualites-sociales/7753-retraite-progressive-sont-coefficients-2026.html?hash=b2adec0cd867e3f5a81ed4e22d84c034
https://travail-emploi.gouv.fr/la-retraite-progressive